Histoire

silexDès l’âge de pierre, Esquay Notre Dame était sillonné par des sentiers qui reliaient les établissements paléolithiques de Bully, Evrecy et la station de taille de pierre de la croix des Filandriers.

 

A l’époque romaine, une voie pavée reliait Vieux, la capitale des Viducasses, au Cotentin, en passant par Esquay Notre Dame et traversait la route de Caen à la croix des Filandriers.Le carrefour existe toujours, et cette voie s’appelle « Le Chemin Haussé ».

Il y a quelques années, un fermier intrigué par l’abondance des débris de brique, de tuile qu’il mettait à jour en labourant , eut l’idée de faire des fouilles dans son champ situé en bordure de route de Caen, non loin du chemin haussé. Il mit à jour les fondations d’un édifice Gallo-Romain où l’on trouva en quantité des fragments de poteries (certaines argilées), de pierres sculptées, des anneaux de bronze et des pièces que l’on ne put identifier. Visitées par les archéologues du département, ces ruines ne purent être définies, leur polygone de base à onze cotés n’ayant été trouvée nulle part ailleurs dans les édifices de cette époque. Faute de temps et de crédits, les fouilles furent abandonnées mais leur existence confirme que le village d’Esquay fut actif dans ces temps reculés. La fameuse voie romaine fut empruntée au 11ème siècle par Guillaume le Conquérant d’où le nom actuel de « voie du Duc de Normandie ». La petite histoire raconte que pour déjouer les barons rebelles de Normandie, Guillaume s’enfuit une nuit, ayant ferré son cheval à l’envers, pour rejoindre son château de Falaise, ce qui serait à l’origine du nom de la Croix des Filandriers, contraction de ‘file en derrière’.

En 1047, le puissant seigneur de Creully, blessé mortellement à la bataille du Val des Dunes, est venu mourir à Esquay où il fut enterré. Les anciens du village se souviennent que lors de la réfection du clocher au siècle dernier, un squelette fut trouvé au pied du clocher. C’est très certainement le corps de Hamon le Dentu dont R. Wace, un chroniqueur Normand a écrit: ‘Esquay fut illeuc porté devant l’église, enterré’.

Il n’est plus question d’Esquay au Moyen-Age. Evrecy sa voisine, eut à souffrir des guerres de cent ans et de religions. Il est à penser qu’ Esquay subit les contrecoups de ces luttes qui se livrèrent à trois km de son territoire.

Le village reprendra une triste célébrité en 1944, après le Débarquement, pendant la Bataille de Normandie. C’est sur le territoire de la commune que s’est livré le combat décisif de la bataille de l’Odon, dans les bois de la cote 112, un des points culminants de la région dont la prise était primordiale pour les Alliés.

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De cet endroit, on domine Caen et toute la plaine. Caen fut délivrée mais la Côte 112 resta une zone de combats meurtriers pendant plus de six semaines, anglais et allemands se sont battus pour sa possession, elle changea de mains huit fois. Le village d’Esquay fut totalement détruit pendant ces combats et reçu une médaille.

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Elle est maintenant reconstruite entièrement, avec des fermes modernes où la main d’oeuvre ne trouvant pas à s’occuper, doit rechercher à la ville voisine, des débouchés. Après avoir été mêlé aux grands courants qui secouèrent la France et ce depuis les temps les plus anciens, Esquay Notre Dame, fidèle à sa vocation rurale, se tourne résolument vers l’avenir pour tenir dignement sa place dans la région caennaise en plein essor.

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cote112-3Le char situé au sommet de la côte 112 (ici en photo) depuis l’été 2000 est un CHURCHILL, tank anglais identique à ceux qui équipaient le 7° Royal Tank Régiment ayant combattu aux côtés des fantassins de la 43° division d’infanterie Wessex lors de la bataille de l’Odon, en juillet 1944.
Armé d’un canon de 75, pesant 40 tonnes et manoeuvré par un équipage de 5 tankistes, ce type de char était très répandu dans l’armée britannique, et s’est battu sur tous les fronts : désert d’Afrique du Nord, Italie, débarquement et bataille de Normandie, jusqu’en Allemagne pour la victoire finale.


Il est arrivé sur la côte 112 grace à la volonté et l’opiniatreté d’un Anglais, Albert Figg, ancien artilleur de la 43° Wessex et vétéran de cette bataille, qui a réussi par un appel lancé sur les ondes de la BBC à collecter assez d’argent pour acheter et restaurer le char. L’Armée anglaise s’est chargée de le transporter et de le mettre sur place. Depuis, Albert Figg a crée une fondation dont le but est d’aider financièrement les vétérans peu fortunés à venir sur ce site, pour le souvenir.